Mon vrai nom est Elizabeth d'Adèle Yon ⭐⭐⭐⭐
Une enquête familiale métamorphosée en fresque littéraire
Adèle Yon convertit une investigation intime sur son arrière‑grand‑mère Elisabeth – internée, soumise à des électrochocs et finalement lobotomisée entre 1950 et 1967 – en une œuvre où se conjuguent intrigue, mémoire et révolte féminine. En parcourant minutieusement les archives médicales, les correspondances et les témoignages, l’auteure redonne la parole à une voix réduite au silence par la psychiatrie d’après‑guerre, offrant ainsi une reconstruction poignante d’un passé occulté.
L’originalité du dispositif narratif
Le caractère novateur du roman réside dans son hybride entre reportage rigoureux et narration immersive. Le « je » de l’autrice s’insère au cœur du drame personnel tout en élargissant la portée thématique aux violences institutionnelles infligées aux femmes. La plume, à la fois incisive et poétique, rend palpable la colère et la dignité d’« Betsy », refusant d’être confinée à son diagnostic de schizophrénie, et crée ainsi un pont entre l’intime et l’universel.
Réflexion sur la mémoire et l’émancipation
À la tonalité sombre mais éclairée, l’œuvre propose une méditation profonde sur le pouvoir des souvenirs, la transmission intergénérationnelle et la quête d’émancipation. En confrontant le passé familial à l’histoire plus large des pratiques psychiatriques, le roman invite le lecteur à reconnaître la résilience des femmes marginalisées.


Contact
© Frédéric TDR - 2025
Je suis un lecteur insatiable, aimant passer du roman classique ou contemporain, de la S.F. aux thrillers modernes, feuilletant autant les essais que les bandes dessinées. Cette curiosité sans frontières me permet d’explorer des mondes très différents et chaque page, qu’elle soit légère ou profonde, a quelque chose à m’offrir.
Mes notes en étoiles :
⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ : Culte.
⭐️⭐️⭐️⭐️ : Coup de cœur.
⭐️⭐️⭐️ : Un bon moment de lecture.
⭐️⭐️ : Déception.
⭐️ : À éviter.
